Trois Repères pour ce voyage

Tout ce que nous percevons existe d’abord dans notre conscience.

Un arbre, une mélodie ou une planète ne se révèlent jamais à nous en dehors de notre expérience. Nous ne les rencontrons pas comme deux voyageurs se croisant au hasard dans une réalité séparée de nous. Nous les découvrons à travers nos sens, notre perception et la conscience qui en fait l’expérience.

Nous avons naturellement tendance à penser que le monde existe tel que nous le voyons, quelque part « là-dehors », attendant d’être observé. Mais comment pourrions-nous connaître une réalité totalement indépendante de toute conscience ? Qui serait là pour attester de son existence ?

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La matière est un champ d’énergie et d’information.
La conscience, individuelle et collective, lui donne forme.

La matière n’est peut-être pas aussi solide qu’elle en a l’air. À l’échelle de l’infiniment petit, elle se révèle moins comme un objet que comme un vaste champ d’énergie et d’information. Appelons-le le Souffle Primordial.

Dans la tradition aborigène australienne, le Temps du Rêve désigne cet espace hors du temps où les ancêtres créateurs ont donné forme au monde : montagnes, rivières, plantes, animaux et lois de l’existence. Mircea Eliade appelait ce royaume symbolique le Temps des Origines, cet instant fondateur d’où émergent les formes, les destins et les possibles.

Sous d’autres horizons, ce même mystère porte d’autres noms : la Genèse, le Brahmanda ou encore la Vacuité primordiale. Les mots changent, mais l’intuition demeure : derrière le monde visible se tient une réalité plus vaste, dont émergent toutes les formes. Chaque nouveau-né porte encore en lui une connexion naturelle à cette dimension.

Puis, peu à peu, l’éducation, la culture et les croyances déposent leurs filtres sur son regard, comme des lunettes dont il finit par oublier l’existence.

Dès lors, il prend souvent la matière pour l’unique réalité, oubliant qu’elle n’est peut-être que la manifestation visible d’un mystère bien plus vaste.

Et si, derrière les apparences, la vie nous invitait simplement à nous souvenir de ce qui nous relie à elle ? ✨

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L’univers réserve à chacun ce qu’il y a de meilleur, ainsi que bien plus de possibilités qu’il n’y paraît. Encore faut-il lui faire un peu de place.

Pour cela, nous vous invitons à mettre, le temps de cette lecture, les jugements, les certitudes et les idées toutes faites entre parenthèses. Ces filtres, souvent invisibles, façonnent notre regard et limitent parfois ce que nous sommes prêts à percevoir.

Cette lecture est une expérience interactive. Tout au long du parcours, accueillez les messages avec un regard neuf, même lorsqu’ils semblent confirmer ce que vous pensez déjà savoir. Cet exercice porte un joli nom : le lâcher-prise.

En relâchant, ne serait-ce qu’un instant, le besoin de tout comprendre, analyser ou anticiper, vous ouvrez un espace plus vaste et plus réceptif. Les messages peuvent alors émerger avec davantage de clarté et révéler des perspectives que vous n’aviez peut-être pas encore envisagées.

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Ukiyo

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Ukiyo signifie littéralement
"monde flottant"

Né au Japon durant la période Edo (XVIIᵉ–XIXᵉ siècle), l’Ukiyo invite à savourer l’instant présent, à apprécier la beauté fugace de la vie et à embrasser ce qui passe plutôt que de vouloir le retenir.

L’écrivain Asai Ryoi décrit l’ukiyo comme « vivre seulement pour l’instant, contempler la lune, la neige, les cerisiers en fleurs, aimer le vin, les femmes et les chansons, se laisser porter par le courant de la vie comme la gourde flotte au fil de l’eau ».

Cette vision du monde a inspiré un grand mouvement artistique : les ukiyo-e, ou « images du monde flottant ». Ces célèbres estampes sur bois représentent aussi bien les paysages, les scènes de la vie quotidienne, les plaisirs de la ville que les acteurs de kabuki. Au fond, l’Ukiyo nous souffle une idée simple : puisque tout change, autant danser avec le courant plutôt que lutter contre lui.  

L'histoire de Carthage

Il y a près de trois mille ans, une poignée de navigateurs phéniciens quittent les côtes de Tyr, dans l'actuel Liban, pour traverser la Méditerranée. À leur tête se trouve une femme remarquable : Didon. Selon la légende, après la mort tragique de son époux, elle fuit sa cité natale avec quelques fidèles et prend la mer à la recherche d'un nouveau destin. Lorsqu'elle atteint les côtes de l'actuelle Tunisie, le chef local accepte de lui céder autant de terre qu'elle pourra entourer avec une seule peau de bœuf.La demande semble dérisoire. Didon y voit une opportunité. Avec ingéniosité, elle découpe la peau en fines lanières et les dispose autour d'une vaste colline nommée Byrsa.C'est là qu'elle fonde Carthage, la "Nouvelle Ville" (Qart Hadasht), destinée à devenir l'une des plus grandes puissances du monde antique.

Tanit, gardienne de la cité

Plusieurs siècles plus tard, une autre figure s'impose dans l'histoire de Carthage : Tanit.Déesse de la fertilité, de la protection, de la prospérité et de la lune, elle devient peu à peu la grande gardienne de la cité et du peuple carthaginois. Son symbole, à la fois simple et puissant, représente une silhouette stylisée composée d'un triangle, d'une barre horizontale et d'un cercle. Aujourd'hui encore, il demeure l'un des emblèmes les plus reconnaissables de l'héritage carthaginois. Si Didon est la mère légendaire de Carthage, Tanit en devient la gardienne divine, veillant sur la cité au fil des siècles. Ce qui rend Tanit si fascinante est l'image qu'elle incarne : celle d'une présence protectrice, bienveillante et profondément liée à la vie. Encore aujourd'hui, de nombreux Tunisiens portent des bijoux inspirés de son symbole. Plus qu'un vestige du passé, il demeure un signe de protection, de transmission et d'appartenance. À l'instar du cèdre pour le Liban, le signe de Tanit s'est imposé comme l'un des symboles les plus forts et les plus reconnaissables de l'héritage carthaginois.